Trip à New York : après la Beat Generation


Dans le cadre d'un atelier d'écriture, je me suis essayé à la critique littéraire.


Billy quitte Floride et grand-mère pour une virée à New York entre amis, visitant une drogue après l’autre à travers un tas de piaules toutes plus dingues et crasseuses les unes que les autres. Sans cesse entouré d’un amas flou de toxicomanes et autres amateurs de substances, la virée coagule en un trip de plusieurs semaines presque sans sommeil et sans nourriture et Billy échappe difficilement à la prison comme à la folie, refusant d’abandonner le filtre de stupéfiants qui le sépare de la réalité. Ce court écrit autobiographique de William Burroughs Junior, publié en 1970 mais traduit pour la première fois en français en 2009, presque trente ans après la mort de l’auteur à 33 ans, est le premier roman de ce fils maudit de William Burroughs, lui-même figure éminente de la Beat Generation. Sur les traces de ce dernier, mais empruntant aussi à Kerouac, Speed est un road-trip halluciné s’étirant tantôt lentement entre visions et méditations plus ou moins joyeuses ou désespérées, tantôt à la vitesse de l’asphalte, sous les cris de conducteurs en colère balançant émotions et feux d’artifice de tous côtés. Un aperçu de la face sombre des sixties à travers le témoignage d’un de leurs enfants sacrifiés, un texte qui plaira aux exégètes de la Beat mais pas seulement, où liberté et exploration riment avec dépression et autodestruction.


Adrien Faure

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