18/05/2017

Vertigineuses mises en perspective

 

 



Kevin Mulligan a dit un jour que tout ce qui existe se ressemble car tout ce qui existe partage la propriété d'exister. Quid de la Cause Première comme liant de cette ressemblance ? Cette considération et d'autres, je vous les partage aujourd'hui à travers une fascination toute métaphysique face à l'existant qu'exprime en quelques lignes mon camarade Maxime Mercier.
Bonne lecture ! AF

 





Il m'arrive fréquemment d'avoir du mal à maintenir mon attention, et je me demandais pourquoi... Il m'est récemment apparu une première explication. J'ai alors écrit le texte ci-dessous qui est à la fois la démonstration de ma curiosité, de ma perplexité et de mon ignorance.

Il me semble que ma propension à me déconcentrer vient en partie du fait, qu'à partir de détails dans mon environnement, j'ouvre un champ réflexif porteur de digressions vertigineuses, du fait de la complexité qu'ils impliquent.
Je ne les conçois pas comme des îlots déconnectés les uns des autres (cela m’apparaîtrait, soit dit en passant, comme une aporie), bien au contraire.

Il y a un certain sentiment de fascination et de stupéfaction que je ressens à l'égard de tout l'univers, mais également à l'égard de nombreux éléments du quotidien que je suis amené à rencontrer : le soleil, les chiens, les pommes de terre, les ordinateurs, les boules de bowling, les montagnes, etc. Ces différentes entités, prises pour exemples, ont de prime abord une absence de concordance les unes envers les autres, une radicale imperméabilité entre elles. Or, je pense que cela est faux ou vrai, selon que l'on se focalise sur la causalité ancestrale qui les unit, ou selon que l'on se focalise sur leur subtile particularisation.

Même les êtres vivants et la matière inerte, même les humains et les cailloux, les coccinelles et la poussière, les poissons et les étoiles, ont le point commun d'être les enfants des origines. Le fait est que j'établis une, puis des causalités. Car ces éléments sont contenus dans ce même univers, ils en sont les émanations multiples. L'étrangeté du monde tient au fait de la diversité contenue dans un tout. Outre ces milliards de singularisation, il est vertigineux de penser à leur généalogie, de considérer qu'elles sont toutes des effets de processus causaux, s'inscrivant dans un processus global semblant bien improbable.

Il y a comme, pour moi, une partie du tout dans chaque manifestation matérielle particulière, en raison des regroupements par arborescences, que j'effectue.

L'existence de la matière même, que je conçois comme la seule chose qui soit, part vraisemblablement d'un tronc commun à partir duquel se sont développées et se développent encore, d'incommensurables ramifications. Il s'ensuit que cette fascination à l'égard de toutes les connexions, même celles pouvant être les plus contre-intuitives, me conduit aussi à terme, à une fascination à l'égard des origines mentionnées précédemment, et j'en viens à me poser cette question : comment, outre le fait que l'existence ait pu succéder à la non-existence, l'unique et l'infime ont-ils pu s'étendre et se répandre et devenir le diverse et le plusieurs ?

Je ne peux ainsi que difficilement penser aux parties sans penser à la totalité. Dès lors, chaque parcelle de la réalité, perçue ou remémorée, est susceptible de m'absorber, et est à elle seule tout un continent, sans contours définis.

J'ajouterai pour finir, que, faisant partie de cette totalité recouvrant bien des mystères, il m'arrive de me trouver moi-même étrange. Je me perçois, en me touchant, en m'observant, en m'écoutant, en me sentant. Je m'expérimente au quotidien.

J'introspecte aussi, je pense, et je pense au fait que je pense. Je pense au fait que j'ai un cerveau, et que c'est ce cerveau qui me permet de penser, et j'en rigole. Puis je me demande, les yeux écarquillés : quelles peuvent bien être la ou les causes premières de la matière que je suis ?

 



Maxime Mercier