08/01/2018

Sur les traces de Hunter Thompson

 

 

27 décembre 2017

Sur les traces du journaliste gonzo, Hunter Thompson, me voici à Porto Rico (ou Puerto Rico comme on dit ici), où il se gava de rhum pour mieux écrire l'excellent Rhum Diary (pas très bien adapté à l'écran soit dit en passant). Je réside au dix-septième étage, à deux pas de l'océan, constamment bercé par les vagues, qui, visiblement, ne s'arrêtent jamais de ce côté de l'île. J'ai, évidemment, acheté une première bouteille de rhum portoricain. On verra ce que ça donne.

30 décembre 2017

 

Le Vieux San Juan est charmant. Petites ruelles pavées qui montent et descendent emplies de jolies maisonnées colorées, l'océan partout autour à l'horizon, des îles saupoudrées de palmiers au loin, et le soleil qui berce tout ça. Le pied. Tranchant la belle image de carte postale, deux forteresses coloniales d'un bout à l'autre de la ville, bâties de gros blocs à même le roc, semblant capables de résister à une canonnade caribéenne, et coiffées de tourelles et autres aspérités architecturales protectrices. En venant de Condado, j'ai traversé un parc un peu dévasté par l'ouragan, à chaque pas on y croise des lézards fuyant et des iguanes paresseux, ainsi que quelques oiseaux inconnus mais sympathiques.

A propos de l'ouragan, la capitale a été plutôt bien préservée, du moins autant que je peux en juger, même si les dégâts sont toujours visibles et que beaucoup d'ouvriers s'affairent de-ci de-là pour reconstruire infrastructures, espace public et résidences. Le plus perturbant est ce Maria qui apparaît sur les murs, parfois, au détour d'un chemin, quand on ne s'y attend pas. Réminiscence d'un Maria immense, gravé sur le devant d'un gigantesque hôtel tout craquelé, tout croulant, abandonné au vent marin, juste avant la plage d'El Escambron. Signature d'une blessure qui ne s'est pas encore refermée. 

31 décembre 2017

 

Célébrer la nouvelle année ici, à Porto Rico, semble presque hors de propos. J'ai tellement l'habitude d'être en Europe à ce moment-là que j'associe totalement cette fête - en soi peu glorieuse puisque ce n'est qu'une obligation sociale de beuverie entre amis - au froid et aux déambulations glacées de milliers d'avinés convergeant vers les lieux publics pour une communion au rabais entre soûlards d'un soir.

Mais changeons de sujet. J'ai remarqué qu'un élément, plus ou moins conscient, de l'atmosphère de l'île (ou de son folklore) réside dans le passage continu de ces petits et grands avions, ainsi que d'hélicoptères, qui survolent  sans cesse San Juan de part en part. Cela participe un peu à créer cette ambiance caribéenne à laquelle, à vrai dire, on s'attend en tant que touriste en venant ici.

1er janvier 2018

 

Bourrasques à Front Ocean Beach
En arrière plan
Un vieux rescapé des sixties
Chante sur sa guitare
Mais on ne l'entend pas
Face à nous, le ballet
Des parapentes aquatiques
Crépuscule violacé
Les pieds collés au sable.

2 janvier 2018

J'aime contempler l'océan et me représenter mentalement la distance qui me sépare de Genève, de la Suisse, de l'Europe. J'aime écrire sur le sable, au milieu de palmiers qui flottent au gré du vent. J'aime l'odeur de la brise marine. Et j'aime les mots.

4 janvier 2018

Black out sur San Juan. La clim se débranche, les lumières vacillent et sombrent, le wifi se tait piteusement. Le silence après la tempête. Puis, nous marchons dans la rue, apercevons un cortège de voitures étranges, couvertes d'ampoules de couleur. On s'engouffre quelque part, tandis qu'un encapuchonné balance des pétards, provoquant l'émoi des passants. Ambiance électrique ? 

Nuit du 5 janvier au 6 janvier 2018

Voyage de retour sportif. Une platée de passagers suffoquent avec moi après l’atterrissage à Philadelphie. Le capitaine grésille à l'interphone en américain : l'accès au gate est bloqué, un handicapé refuse de sortir dans le froid. On s'ennuie ferme trois-quart d'heures tous ensemble, à scruter avec inquiétude les téléphones des passagers les plus connectés pour deviner si on attrapera notre prochaine correspondance.

Le gate est débloqué. On fait la queue devant l'entrée du nouvel avion. Mais ça recommence. Visiblement quelque esprit malin souhaite me voir rester à Philadelphie pour je ne sais quelle raison occulte. On traînasse deux heures sur nos sièges en attendant qu'une poignée de malades, grippés à l'australienne, soient expulsés proprement de notre vaisseau. Résultat, avec toutes ces fumeuses tribulations j'arrive à Londres en retard et loupe ma correspondance. Plusieurs heures plus tard, je parviens à Genève. Mais sans ma valise évidemment. 

8 janvier 2018

Ma valise vient d'arriver. Elle contient mon ordinateur, qui contient... le présent billet. Voyager c'est magique, j'adore ça. Mais bon, maintenant, retour aux études et au boulot. See you



Adrien Faure

 

 

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