30/09/2017

Les recoins de la civilisation

 

 

Août 2017, quelque part...

 

 

Après les cités d'or, les tours nacrées et brillantes, les grandes allées flamboyantes, et des dizaines et des dizaines de brunchs anglo-saxons engloutis goulûment, me voici perdu en terre franque, dans un pauvre morceau de campagne, traversant à la vapeur patelins et hameaux où cohabitent les retirés de la civilisation en une sorte de Moyen-Âge. Sombres bois, ruisseaux joyeux, troupeaux de bêtes, et moi au milieu de tout ça, urbain extirpé de son milieu naturel et projeté sur une autre planète. Le lieu où je me rends n'a ni café, ni épicerie, et ne compte qu'une mairie solitaire, posée là au milieu d'une commune qui n'est qu'un amoncellement disparate, une toile distendue d'habitats éloignés, cernés par les vaches et les arbres tordus.

 

Et la locomotive de s'enfoncer de plus en plus profondément dans l'isolement du monde, dans cette campagne pleine de rien du tout, là où la voix de la civilisation ne porte pas, là où son silence est si flagrant que toute la cacophonie médiévale ne saurait en balancer l'intensité. Train lent qui se traîne lamentablement pour mieux me faire sentir mon propre éloignement, tandis que la fournaise pastorale enserre mon wagon et cherche à m'accabler. Alors je disparais, coupé de la vitalité urbaine, le pouls ralentit, le souffle se calme, mes sensations rétrécissent, et bientôt j'entre en stase.

 

Entre le jardin et le verbe, j'ai choisi de cultiver le verbe.

 

Adrien Faure

 

 

Commentaires

Nice !

Écrit par : Pierre Jenni | 02/10/2017

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