17/09/2017

Flashs de voyage

 

 

Nuit du 4 au 5 septembre 2017

 

Sensation d'écrasement. L'avion turbule, semble tourner bizarrement. Est-ce qu'on tourne en rond ? Les hauts-parleurs grésillent quelques fragments de japonais, mais je ne comprends strictement rien aux explications. Je ne parle évidemment pas japonais ! Je me morfonds en pensant que périr dans une compagnie d'aviation au nom aussi ridicule que Peach, dont les sièges et la carcasse sont entièrement recouverts d'une couleur lilas, est vraiment peu glorieux. Par chance, l'oiseau low cost poursuit son vol vers les lueurs de la plus grande des mégapoles du monde humain.

De Seoul à Tokyo, toujours plus à l'Est. Au temps du kérosène-roi, il n'y a plus de limite aux routes que nous empruntons. Nous sommes tous des cosmonautes, des géants, traversant l'espace et le temps sans aucune difficulté. Apothéose de la civilisation avant la chute climatique ? Je ne serais en tout cas pas de ceux qui n'auront pas su goûter à ses charmes quand ceux-ci s'offraient à eux. 



Fin août 2017

 

En Corée, il y a peu d'étrangers. Vraiment peu. Le multiculturalisme est un truc d'Occidentaux, en Corée on est plutôt carrément branché mono-culturel. Du coup, mes premiers pas en Corée me font l'effet d'une entrée sur scène. Seul étranger dans le métro, des dizaines de paires de yeux me zieutent sans trop de gêne. Un peu narcissique, j'en profite pour prendre quelques poses. Toute cette attention sans avoir à faire le moindre effort ! Bienvenue au théâtre de rue amateur pour jeunes Occidentaux. Et quand vous croisez un compère de l'Ouest, vous lui jetez un regard de connivence, de comédien à comédien, en un signe spontané de reconnaissance en notre altérité en ce lieu.

Je passe devant des restaurants. Ça sent bon, mais je ne comprends rien aux menus, rédigés entièrement en coréen. Tant de mystères gustatifs se cachent derrière tous ces symboles ! Mais je peux toujours commander au hasard. Ou questionner un serveur. Ou pas, car la plupart des serveurs ne parlent pas anglais. Scène amusante dans un magasin où j'essaie d'extorquer des mouchoirs à une employée flegmatique qui me regarde avec une profonde incompréhension. De toute façon il est mal vu de se moucher en Corée. Dans les convenience stores, ouverts de l'aube au fin fond de la nuit tandis qu'en Suisse on fait des drama pitoyables pour savoir si on ouvrira la Migros jusqu'à 19h ou 19h30, je me promène parmi des produits étranges que je ne reconnais pas. Je pioche au petit bonheur, tâchant de me laisser guider à la couleur et à la forme.



Début septembre 2017



Tokyo sous la pluie. Un champ d'un million de parapluies transparents et blanchâtres éclot devant moi. Qui a dit que la flore urbaine n'est pas intéressante ? Un peu plus loin, à l'aide de grands gestes pleins de manches, un garde m'empêche de pénétrer au sein du domaine impérial. Je longe les murs interdits sans apercevoir le reflet de l'Empereur, mais sa garde me surveille par delà les douves, perchée sur des miradors. Je bats sagement en retraite.

Shibuya. Incarnation du cliché que se fait l'Occidental moyen de Tokyo. Lumières partout, néons, affiches géantes, écrans gigantesques, publicités à foison, caractères japonais recouvrant tout l'horizon urbain, karaokés sur plusieurs étages, hypermarchés regorgeant de tout ce que les Hommes savent produire sur Terre, et quelques cafards évitant en zigzags habiles les chausses de la marée humaine. Si vous n'aimez pas ça, rassurez-vous, il y a aussi des temples. 




A un jour de la rentrée universitaire, je me remémore. Flashs de voyage, bribes d'images, de sons et de lumières. Visages, rires et verres qui se lèvent. Plaisirs mémoriels du voyageur de retour de la route. Plaisirs qui glissent sous la plume comme du miel sous la langue.

Jusqu'à la prochaine fois !

 

 

Adrien Faure

 

 

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