25/06/2017

Nomade

 

12 juin

Départ précipité en vue. Je relis une ultime fois mon dernier travail que j'expédie par email à mon professeur. Je fourgue quelques affaires dans une grosse valise marron. Il faut dormir.

13 juin

L'avion m'emmène, comme de rien, sur un autre continent. Quelques minutes plus tôt j'ai décidé au dernier moment de prolonger mon séjour d'une semaine. On n'est jamais parti assez longtemps.

16 juin – 25 juin

Départ de Toronto. On erre, de ville en ville, scrutant les pierres des maisons, mitraillant l'albâtre, usant ses talons dans de nouveaux décors urbains. J'apprends l'histoire du pays. Entre chaque ville je vois défiler d'immenses plaines, forêts, champs, lacs. Vastes amas de natures s'accumulant devant les fenêtres des trains et des autobus pour mieux assoupir l'innocent spectateur jetlagué.

De portes en portes. On achète des codes et les portes s'ouvrent. Il n'y a plus d'hôtels, mais des codes. Plus de réceptionnistes, mais des messages échangés entre les portes. Et chacun de s'évaluer à coup d'étoiles et de commentaires, tâchant de sauvegarder du mieux possible sa réputation.

19 juin

Ottawa est une ville assez mystérieuse, bien loin du caractère commercial, affairiste et affairé de Toronto la grande. Cette cité pullule de symboles. La licorne écossaise est partout et une flamme liquide brûle sans discontinuer au centre de trois châteaux de pierre sur une colline. La nuit d'innombrables statues vous encerclent et dansent une gigue autour de vous.

24 juin

Fait prisonnier par la pluie devant ce qui pourrait être un garage à Québec. J'écris en attendant qu'elle cesse.


Adrien Faure